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Tour des Yoles Martinique

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MDES

Sport, Fête et TraditionInscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco

Le Tour des Yoles Rondes de la Martinique

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Chaque été, la Martinique vibre au rythme du Tour des Yoles Rondes, un événement unique au monde mêlant sport, tradition et ferveur populaire.

Point culminant d’une saison sportive rythmée par 15 à 20 régates, le Tour des Yoles est bien plus qu’une compétition : c’est une célébration de l’identité, du courage et de la solidarité martiniquaise.

Pour sa 40ème édition, du 26 juillet au 2 août 2026, l’île rend hommage à deux figures emblématiques : Georges Brival, pionnier visionnaire, et Alain Dédé, bâtisseur de son rayonnement qui ont fait de cette course légendaire un symbole vivant du patrimoine maritime de la Martinique.

Programme du Tour des Yoles Rondes 2026

Le Tour des Yoles Rondes 2026 se déroulera du 26 juillet au 2 août autour des côtes martiniquaises. Chaque étape attire des milliers de spectateurs venus suivre les équipages dans une ambiance festive et populaire unique en Martinique.

   Les étapes du Tour des Yoles 2026

  • Dimanche 26 juillet : Sainte-Anne → Le Vauclin
  • Lundi 27 juillet : Le Vauclin → Le Robert
  • Mardi 28 juillet : Le Robert → La Trinité
  • Mercredi 29 juillet : La Trinité → Saint-Pierre
  • Jeudi 30 juillet : Saint-Pierre → Fort-de-France
  • Vendredi 31 juillet : Fort-de-France → Les Anses-d’Arlet
  • Samedi 1er août : Les Anses-d’Arlet → Rivière-Pilote
  • Dimanche 2 août : Rivière-Pilote → Sainte-Anne

Une édition anniversaire hommage aux pionniers

Cette édition anniversaire rend hommage aux pionniers de la compétition en attribuant à chaque étape le nom des premiers patrons (Melidor Gabriel, Férule Frantz, Math Eugène, Lagin François, Exilie Charles, Lassource Romain, Pancarte Raoul et Lamon Désiré) ayant participé au tout premier tour en 1985. La dernière étape portera ainsi le nom de Désiré Lamon, premier vainqueur historique de l’épreuve.

En marge du championnat 2026 qui a débuté le 16 novembre 2025, la saison comporte des rendez-vous importants avec des courses de Gommier et des courses de Bébé yole.

Les équipes du Tour des Yoles 2026

15 équipages seront au départ de cette 40ème édition du Tour des Yoles Rondes de Martinique, rendez-vous incontournable du patrimoine sportif et maritime martiniquais :

  • UFR – Chanflor
  • Cottrell – Leader Mat
  • SARA Énergies Nouvelles – Auto Distribution
  • Pli Bel Price – Pneu Cash
  • Ets Rosette – L’Appaloosa
  • CFA – UMIH Formation – RSMA Martinique
  • SMEM – Solar Inox – Triple 8
  • Prixe – Westpoint
  • GFA Caraïbes – L’Univers du Pneu – McDonald’s
  • Elizé Restaurant – Madiana Cinéma
  • CDTM – EDF – Fraikin
  • Bimini
  • CMA CGM
  • Mr Bricolage
  • Royal Fruits de Martinique – ADEP

Les vainqueurs 2025 : UFR – Chanflor

Sacrée grande gagnante de l’édition 2025, UFR – Chanflor abordera ce 40ème Tour des Yoles avec le statut d’équipe à battre. Mené par le patron Marc-Daniel Labourg, l’équipage s’est illustré par sa régularité, sa maîtrise tactique et ses performances spectaculaires tout au long de la compétition.

Très apprécié du public martiniquais, Marc-Daniel Labourg incarne aujourd’hui l’une des grandes figures de la yole ronde moderne.

Comment fonctionne une yole ronde ?

Un équipage en équilibre sur les bwa dressés

L’équipage d’une yole de course suit un entraînement physique intense et compte généralement 18 équipiers pour les courses à deux voiles, contre 14 pour celles à la misaine. Répartis entre la barre, les écoutes, les cordes et les manœuvres de rappel sur les célèbres « bwa dressés », tous doivent faire preuve de coordination et de polyvalence sous les ordres du « patron », qui dirige la course et choisit les trajectoires.

Le spectacle le plus impressionnant reste celui des équipiers suspendus au-dessus des flots sur les bwa dressés. Véritables équilibristes, ils utilisent leur poids pour contrebalancer la force du vent et éviter le chavirage. À l’avant, les « premiers cordes » manœuvrent les filins afin d’ajuster la grand-voile selon la direction et la puissance du vent.

   Dans ce ballet parfaitement orchestré, chaque membre de l’équipage joue un rôle essentiel pour mener la yole vers la victoire.

Le Tour des Yoles rondes de la Martinique,

point d’orgue de la saison…

L’alliance de traditions ancestrales, du savoir-faire local, de l’esprit d’équipe de sportifs accomplis et du goût de la compétition : le  Tour des Yoles est un spectacle unique en son genre. Populaire dans le meilleur sens du terme, cette compétition est devenue un attrait essentiel de l’île. Tous les Martiniquais et les touristes – souvent venus spécialement – vibrent au rythme des étapes du Tour.

La foule bigarrée portent haut les couleurs de son équipe favorite. Dans chaque commune accueillant le départ ou l’arrivée, des centaines de spectateurs se pressent pour encourager leurs champions.

Une ambiance unique sur terre comme en mer

Sur l’eau, bateaux-suiveurs et jets-skis accompagnent les équipages au plus près de la course. À terre, animateurs, médias, marchands ambulants et spectateurs créent une atmosphère électrique entre podiums, banderoles et célébrations populaires.

Communes et sponsors investissent chaque année pour disposer des équipages les plus performants, tout en préservant l’authenticité et les traditions qui font le succès du Tour des Yoles depuis des décennies.

Les maillots du Tour des Yoles

À l’issue de chaque étape, différents maillots récompensent les meilleures performances :

  • Rouge : Leader au temps
  • Vert : Vainqueur aux points
  • Blanc : Vainqueur de l’étape
  • Rose vif : 2e de l’étape
  • Vert clair : 3e de l’étape
  • Orange : Combativité
  • Jaune : Meilleure progression
  • Bleu : Plus jeune vainqueur d’étape
  • Blanc : Coup de cœur de la presse
  • Rose : Défi Espace Sud

L'Histoire des Yoles Rondes

Symbole Culturel de la Martinique

Des embarcations traditionnelles nées de la pêche martiniquaise

À l’origine, la yole — du norvégien « jol », signifiant « canot » — désigne une embarcation de pêche étroite et effilée, propulsée à l’aviron. Elle remplace progressivement le gommier traditionnel, creusé dans le tronc de l’arbre du même nom et utilisé par les pêcheurs martiniquais depuis des générations.

En Martinique, deux types d’embarcations coexistaient autrefois :

  • le gommier, appelé « kannot » en créole et équipé d’une voile rectangulaire pour la pêche sur la côte Atlantique
  • et la yole à fond plat, utilisée dans les cayes et les rivières

La yole ronde est née de la fusion de ces deux techniques de construction, donnant naissance à un bateau plus rapide, plus stable et plus maniable.

Des régates populaires devenues une tradition martiniquaise

Très vite, les pêcheurs utilisent leurs yoles lors de compétitions amicales organisées pendant les fêtes patronales et les week-ends.

Originaires principalement du François, du Robert, du Vauclin et du Marin, ces régates attirent progressivement un public toujours plus nombreux. D’autres communes côtières rejoignent alors l’aventure en construisant leurs propres yoles et en organisant des courses devenues incontournables dans la culture populaire martiniquaise.

De la yole de pêche à la yole de compétition

Dans les années 1950 et 1960, les yoles traditionnelles sont peu à peu remplacées par des embarcations motorisées plus adaptées à la pêche moderne. Face au risque de disparition de ce patrimoine maritime unique, un mouvement de préservation voit le jour.

En 1985, la Société des Yoles Rondes — devenue depuis la Fédération des Yoles Rondes de Martinique — crée le Tour des Yoles de Martinique. L’objectif : préserver ce savoir-faire ancestral et faire de la yole un symbole fédérateur du sport, de la culture et du tourisme martiniquais.

Au fil des décennies, les yoles rondes deviennent de véritables bateaux de compétition pilotés par des équipages de haut niveau. Certaines embarcations mythiques comme L’Arme Fatale, Chabin’An, Le Dernier Jugement ou encore Zizitata ont marqué l’histoire du Tour et la mémoire collective des Martiniquais.

   Un patrimoine vivant reconnu par l’UNESCO

Depuis 2020, la yole ronde est reconnue par l’UNESCO comme une « bonne pratique de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité », consacrant ainsi cet héritage maritime unique au monde.

Construction d'une yole traditionnelle martiniquaise

La yole traditionnelle a suivi l’évolution et la professionnalisation de ce loisir devenu sport de compétition. Plus légère et plus adaptée à la haute mer que le gommier, elle s’est progressivement imposée grâce à sa solidité et à ses performances en navigation.

Construite à partir de plusieurs pièces de bois assemblées, la yole est réalisée avec des essences résistantes comme l’angélique, le teck ou encore le poirier local pour les membrures. Le savoir-faire du charpentier de marine joue un rôle essentiel dans la fabrication de ces embarcations devenues aujourd’hui de véritables bateaux de compétition dont la longueur réglementaire est désormais de 10m50.

La structure repose sur une ossature en bois massif appelée « monture », sur laquelle sont fixés l’étrave, les membrures, les mâts et l’étambot. Les bordés sont ensuite assemblés, calfeutrés et mastiqués afin de garantir l’étanchéité de la coque. Une fois la construction terminée, la yole est peinte puis marquée du nom du bateau.

Dotée d’une voile ou deux voiles (misaine et grand-voile), elles ont également évolué avec le temps : le coton traditionnel a laissé place à des matériaux modernes comme le dacron ou le kevlar, offrant davantage de résistance et de performance en course.

   À ne pas confondre avec le gommier

Le gommier est fabriqué à partir d’un seul tronc d’arbre creusé, tandis que la yole est construite grâce à l’assemblage de plusieurs pièces de bois. Cette technique permet à la yole d’être plus légère, plus maniable et mieux adaptée à la navigation en mer.

Autre différence importante : le gommier ne possède qu’une seule voile et utilise un gouvernail classique. La yole, elle, peut être équipée d’une ou deux voiles et se dirige à l’aide d’une pagaie-gouvernail tenue par le patron.

  Lorsque les yoles s’élancent à l’assaut des flots et des vents, c’est une myriade de voiles multicolores qui illuminent l’océan comme les teintes vives de la palette d’un peintre

  Si j’étais jeune, je serais yoleur !    

Aimé Césaire