Tour des yoles Martinique
©Tour des yoles Martinique|MDES
Sport, Fête et Tradition

Le Tour des Yoles Rondes de la Martinique

Chaque été depuis 37 ans, se déroule le Tour des Yoles Rondes de la Martinique, point culminant d’une saison sportive comprenant entre 15 et 20 régates. Au cours d’une semaine animée et passionnée, toute l’île vibre au gré des étapes de l’événement sportif majeur de Martinique. Martiniquais et touristes suivent les courses de yoles avec passion dans une ambiance de grande fête populaire.

Programme du Tour des Yoles Rondes 2024

Le Tour de Martinique des Yoles Rondes 2024 aura lieu une quinzaine de jours plus tôt que d’habitude : du 15 au 21 juillet 2024 en raison des Jeux Olympiques Paris 2024 prévus dès le 26 juillet.

 

  • Lundi 15 juillet : Robert → Trinité
  • Mardi 16 juillet : Trinité → Prêcheur
  • Mercredi 17 juillet : Prêcheur → Fort-de-France
  • Jeudi 18 juillet : Fort-de-France → Anses-d’Arlet
  • Vendredi 19 juillet : Anses-d’Arlet → Marin
  • Samedi 20 juillet : Marin → Vauclin
  • Dimanche 21 juillet : Vauclin → Robert → Vauclin

 

En marge du championnat 2024 qui a débuté le 26 novembre 2023, la saison comporte des rendez-vous importants :

  • Dimanche 28 avril 2024 : Coupe de Martinique de bébés yoles
  • Mercredi 22 mai 2024 : Challenge du 22 mai – grandes yoles
  • Dimanche 30 juin 2024 : Coupe de Martinique de grandes yoles
  • Du 15 au 21 juillet : Le Tour de Martinique des Yoles rondes

L'Histoire des Yoles Rondes

Symbole Culturel de la Martinique

À l’origine, la yole (du norvégien « jol » qui signifie « canot ») désigne un bateau de pêche à la forme effilée et étroite propulsé par un aviron, qui a remplacé petit à petit l’antique gommier creusé d’un seul bloc dans le tronc de l’arbre du même nom.

Il existait en Martinique deux types principaux d’embarcations : le gommier (« kannot » en créole) muni d’une voile rectangulaire pour la pêche sur la côte atlantique, et la barque (« yol » ), une yole à fond plat utilisée dans les cayes ou pour remonter les rivières.

La yole ronde est née de la fusion des techniques de construction du gommier et de la yole à fond plat. Plus rapide, plus stable et plus maniable que son aîné, la yole utilisée par les pêcheurs a très vite servi dans des compétitions locales et amicales. Soutenus par leurs bourgs d’origine, les pêcheurs professionnels prirent l’habitude de se mesurer sportivement lors de week-ends et de fêtes patronales.

Originaires des communes de l’Atlantique (François, Robert, Vauclin) et du Marin, ces courses prirent peu à peu de l’ampleur. L’intérêt du public pour ces régates devint tel que d’autres communes côtières de l’île se prirent au jeu et s’investirent dans la construction de yoles et l’organisation de courses.

Depuis 2020, la yole ronde est reconnue comme une « bonne pratique de sauvegarde du patrimoine immatériel de l’humanité » par l’UNESCO.

De la yole de pêche à la yole de compétition

Au cours des années 1950 et 1960, les yoles traditionnelles de la Martinique ont progressivement cédé la place à d’autres embarcations en matière composite équipées de moteurs, plus adaptées à la pêche. Face à la menace de disparition de ces témoins historiques et sociétaux, un mouvement spontané de préservation s’est initié.

En 1985, la Société des Yoles Rondes (devenue en 2011 la Fédération des yoles rondes de la Martinique) crée le Tour de Martinique, souhaitant donner à la yole la place qu’elle mérite au sein de la société martiniquaise : fédératrice, symbole de progrès économique et social pour les marins-pêcheurs, événement majeur du sport et du tourisme, ciment de tout un peuple…

L’Arme Fatale, Chabin’An, Le Dernier Jugement, La Reine des Anges, Le Phénomène, Zizitata… Pittoresques, énigmatiques ou hauts en couleur, tels sont les noms de quelques-unes des yoles qui ont marqué l’histoire du Tour. Loin de l’esprit amateur des débuts, on assiste aujourd’hui à une lutte acharnée entre sportifs de niveau professionnel, entraînés et performants sur de véritables bateaux de compétition.

 

Construction d'une yole

La yole traditionnelle a suivi l’évolution et la professionnalisation de ce loisir devenu sport de compétition. Conscients des limites du gommier en haute mer et ce bois devenant de plus en plus rare, les pêcheurs l’ont en effet peu à peu remplacé par la yole, composée de plusieurs membrures et de bois divers.

Dotée d’une voile ou deux voiles (misaine et grand-voile), elle est construite dans des bois précieux et résistants comme l’angélique et le teck pour le fond et le bordé, le poirier local pour les membrures. L’habileté du charpentier de marine, directement héritée du savoir-faire de ses ancêtres, est primordiale dans la construction d’une yole de course dont la longueur réglementaire est désormais de 10m50.

Sur une ossature de bois massif –la monture- sont fixés l’étrave, les deux foucas accueillant les mâts, les membrures et l’étambot. Les bordés extérieurs sont ensuite cloués aux membrures avant d’être calfeutrés et mastiqués pour en assurer l’étanchéité.

La touche finale est apportée par un peintre professionnel qui achève sa mission par l’inscription en larges caractères du nom du bateau.

Les voiles ont également bénéficié des évolutions technologiques et le coton d’autrefois a ainsi laissé la place au dacron et au kevlar.

   Lorsque les yoles s’élancent à l’assaut des flots et des vents, c’est une myriade de voiles multicolores qui illuminent l’océan comme les teintes vives de la palette d’un peintre

L'Équipage d'une yole

L’équipage d’une yole de course est soumis à un véritable entraînement sportif de haut niveau. Il comprend en général 11 équipiers pour les courses à deux voiles et 6 ou 8 pour les courses à la misaine. Ceux-ci sont répartis aux 4 postes : la barre, les manœuvres d’écoute, les manœuvres de rappel avec les bois dressés et les cordes. Même si chacun est à sa place, la polyvalence reste de mise. Le « patron » décide des bords à tirer. C’est lors des manœuvres de rappel que l’on assiste à la dimension la plus spectaculaire de ce sport. Il faut en effet voir ces hommes couchés sur les « bwa dressés », sortes de perches mobiles et suspendus au-dessus des flots !

Tels des équilibristes, ils usent de toute leur force et de leur savoir-faire pour faire contrepoids au vent et éviter le chavirage. Tout aussi capital est le rôle des manœuvres d’écoute puisqu’il s’agit là de tendre et d’orienter la voile en fonction du sens et de la force du vent. À l’avant de la yole, le « premier corde » et le « deuxième corde » manient avec dextérité les filins reliés à la grand-voile.

Dans un ballet incessant et parfaitement rodé, chacun donne le meilleur de soi-même pour mener son équipe à la victoire.

Le Tour des Yoles rondes de la Martinique ,

point d’orgue de la saison…

L’alliance de traditions ancestrales, du savoir-faire local, de l’esprit d’équipe de sportifs accomplis et du goût de la compétition : le  Tour des Yoles est un spectacle unique en son genre. Populaire dans le meilleur sens du terme, cette compétition est devenue un attrait essentiel de l’île. Tous les Martiniquais et les touristes – souvent venus spécialement – vibrent au rythme des étapes du Tour. La foule bigarrée portent haut les couleurs de son équipe favorite. Dans chaque commune accueillant le départ ou l’arrivée, des centaines de spectateurs se pressent pour encourager leurs champions.

Sur l’eau, un ballet de bateaux-suiveurs et de jets-skis suivent la course au plus près. Les petits marchands ambulants négocient la meilleure place, les animateurs enflamment l’assistance sur le podium, toutes les chaînes de radio et de télévision sont là, les ombrelles se mêlent aux banderoles. Les communes et les sponsors l’ont bien compris : ils investissent pour obtenir la « meilleure » yole, les voiles les plus rapides, l’équipage le plus affûté. Mais la place de la tradition reste une spécificité garante du succès auprès d’un public passionné

À l’issue de chaque étape, un classement est établi et différents maillots de couleur sont attribués aux vainqueurs de chaque catégorie…

Les Maillots de compétitions

  • Rouge : Leader au temps
  • Vert : Vainqueur aux points
  • Blanc : Vainqueur de l’étape
  • Rose vif : 2e de l’étape
  • Vert clair : 3e de l’étape
  • Orange : Combativité
  • Jaune : Meilleure progression
  • Bleu : Plus jeune vainqueur d’étape
  • Blanc : Coup de cœur de la presse
  • Rose : Défi Espace Sud

   Si j’étais jeune, je serais yoleur !     Aimé Césaire 

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