Distillerie JM Distillerie Fond Préville Macouba Martinique
©Distillerie JM Distillerie Fond Préville Macouba Martinique|MDES
Spiritourisme Au coeur du jardin Tropicalde Fonds Préville

Visite de la Distillerie JM

L’itinéraire de la route des rhums de Martinique me conduit aujourd’hui à Macouba, sur la côte nord atlantique de l’île. C’est là que se trouve l’une de nos plus jolies distilleries, particulièrement réputée pour ses rhums vieux : la distillerie JM ! C’est une étape incontournable du spiritourisme martiniquais…

Une distillerie au pied de la Montagne Pelée

J’ai toujours eu un faible pour cette distillerie et il faut bien avouer qu’elle est juste splendide !

La situation géographique d’abord… Au détour d’un virage en contrebas, on la découvre avec ses toits rouges dans l’écrin vert d’une végétation tropicale luxuriante. Une vraie carte postale ! Le chemin d’accès est bordé d’arbres majestueux et d’une cathédrale de bambous typiques du nord martiniquais.

Au milieu coule la Rivière Roche

Un petit pont de pierre du 19ème siècle enjambe la rivière qui alimente toute la distillerie en eau après purification. On entend couler l’eau de source un peu partout. Après avoir passé la place du Manguier, on se dirige vers l’accueil (il suffit de suivre les gros points rouges au sol).

 

Visite libre

La visite est libre et gratuite. Le plan qui vous est remis à l’accueil, le parcours fléché et les panneaux explicatifs permettent de profiter du site au maximum, à votre rythme.

Le jardin des cannes

Nous pénétrons par un patio où sont plantées cinq variétés de cannes à sucre utilisées pour la fabrication des rhums J.M. et validées par l’AOC. Il faut savoir que J.M produit son rhum à 95% avec ses propres cannes cultivées sur ses terres qui s’étendent de Basse-Pointe à Grand’Rivière ! Le jardin reprend la disposition typique en carrés séparés qui prévalait autrefois pour la culture de la canne dans les plantations. Les bornes audio vous permettent une immersion enrichissante.

« La canne doit avoir le pied en terre et la tête au moulin » proverbe créole

Pendant la campagne, de février à juin, toutes les 20 minutes 8 tonnes de cannes fraîchement coupées dans les champs de l’habitation Bellevue sont broyées par les trois moulins de la distillerie.

Le jus de canne (le vesou) est ensuite filtré avant d’être envoyé dans les cuves de fermentation. La bagasse, résidu sec de la canne est utilisée pour alimenter la chaudière générant la vapeur nécessaire à la distillation et pour fertiliser les plantations : rien ne se perd, tout est recyclé.

Visite des installations de production

La distillation

Le parcours nous mène ensuite au cœur du processus de la distillation. Nous surplombons alors toutes les machines en pleine activité, c’est la pleine période (elle commence en fin janvier et dure jusqu’en juin) et c’est très impressionnant !

Du broyage des cannes jusqu’au remplissage des 7 immenses cuves avec le jus extrait, on suit toutes les étapes en cadence. Les cuves de fermentation pour transformer le vesou en vin de canne dégagent une forte odeur d’alcool et de jus de canne, j’adore !

Les colonnes créoles

Depuis les passerelles, nous voyons les deux colonnes créoles en cuivre ; la plus haute fait 18 mètres de haut !

Plus tard dans la balade, nous retrouverons les différents éléments d’une colonne, afin de mieux comprendre le processus de distillation en regardant ce qui se passe à l’intérieur.

La tonnellerie de JM

La visite se poursuit en extérieur, nous nous arrêtons devant la tonnellerie.

C’est là qu’Edmond, le tonnelier, répare les fûts et pratique les chauffes pour les cuvées spéciales comme la « Fumée volcanique ». On peut voir ses outils ainsi que plusieurs fûts d’années différentes, de 1975 à aujourd’hui.

  Le brûlage est une pratique ancestrale qui caramélise les tannins du bois, ce qui accélère les échanges entre le bois du fût et le rhum. Cette opération est pratiquée après la campagne de récolte et de fabrication.

Les chais

Le parcours nous conduit ensuite jusqu’au chai d’exposition au public, assez spectaculaire ! Les fûts empilés sont disposés en arc de cercle, comme dans un amphithéâtre rouge écarlate. C’est magnifique… En revanche, les chais où sont entreposés les fûts J.M ne sont pas ouverts à la visite.

Balade dans un jardin d’Eden

A la sortie du chai, nous empruntons le sentier qui descend jusqu’au bassin d’eau de rivière, bordé d’arbres, de plantes et de fleurs tropicales. La richesse de la biodiversité nous en met plein les yeux.

Les espèces plantées rappellent les saveurs et les odeurs que l’on retrouve dans les arômes des rhums J.M : ananas, poivre, cannelle, vanille, cacao… La beauté insolente du jardin est partout.

Les sens en éveil

Place maintenant au régal des sens, direction le laboratoire où le panneau annonce la couleur : « On sent, on goûte, on analyse ». C’est ici que la maître de chai élabore le goût des différentes cuvées.

Nous pénétrons dans l’atelier olfactif. On découvre alignés différents flacons de rhum en forme de globes, comme des carafes. On soulève le bouchon, on ferme les yeux et on doit deviner les notes aromatiques de chaque rhum : fruité, végétal, floral, boisé… Ce sont les arômes primaires, ils proviennent directement des premières étapes de la fermentation et de la distillation.

Un second atelier présente 7 arômes secondaires créés par un nez parfumeur. Ce sont ceux qui se développent pendant la fermentation et la distillation – cannelle, bois brulé, vanille, tanin, agrumes, etc. – et qui permettent au visiteur d’entrer dans l’univers des rhums J.M.

C’est très bien fait, des petites fiches nous aide à mieux comprendre. Une belle découverte !

Les rhums JM

Dégustation et boutique

Les sens encore tout en éveil, nous passons à la dégustation au grand comptoir carrelé de vert. Décidément l’association rouge-vert se retrouve partout dans la distillerie, j’aime beaucoup. Je découvre des cuvées que je ne connaissais pas, c’est un vrai moment privilégié. La boutique est très belle, on a envie de tout acheter !

Pour ma part, je repars assez chargée (je fais mes provisions !) : un rhum vieux XO, un rhum vieux « Terroir volcanique », un rhum blanc « Jardin Macouba » (j’adore la bouteille !) et un shrubb bien sûr ! Merci à la distillerie J.M pour cette parenthèse enchantée…

Allez-y de notre part !

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

Le projet EDDEN de Rhum JM

En avril 2022, l’équipe de Rhum J.M a présenté son projet EDDEN ( « Engagés pour le Développement Durable de nos Ecosystèmes et de notre Nature »). Cette démarche éco-responsable est devenue au fil du temps l’une des clés d’excellence de la distillerie nichée au pied de la montagne Pelée.

La démarche engagée par Rhum J.M repose sur 3 piliers :

– préserver l’environnement immédiat de la distillerie, la terre nourricière

– permettre une économie circulaire en traitant 100% des déchets

– transmettre le savoir et les valeurs portées par J.M aux nouvelles générations

La distillerie fonctionne déjà en économie circulaire puisqu’elle recycle 100% de ses déchets. Ceux-ci sont de 3 types : la bagasse (restes de la canne broyée), la vinasse (reste du jus non transformé en rhum), et les cendres et poussières de la chaudière. La bagasse est utilisée en premier lieu brûlée pour servir de combustible à la chaudière de la colonne à distiller. Une autre partie est transmise à la centrale thermique voisine afin de produire de l’électricité. Le reste est utilisé en compost pour nourrir le sol et empêcher les mauvaises herbes de pousser. La vinasse est quant à elle transférée dans de grands bassins d’aération contenant des bactéries. L’eau qui en ressort sert à l’irrigation des champs de canne et de bananes. Quant aux cendres et poussières, elles sont récupérées et répandues dans les champs, apportant ainsi aux sols la potasse nécessaire de matière naturelle.

Chez J.M on s’enorgueillit de cette économie circulaire au travers de la formule « je prélève, je transforme, je produis, je restitue » !

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