Distillerie JM Macouba Martinique
©Distillerie JM Macouba Martinique|Henri Salomon
Spiritourisme à la Distillerie de Fonds Préville . Rhum J.M

Visite de la Distillerie de Fonds Préville – Rhum JM

L’itinéraire de la route des rhums de Martinique me conduit aujourd’hui à Macouba, sur la côte nord atlantique de l’île. C’est là que se trouve l’une de nos plus jolies distilleries, particulièrement réputée pour ses rhums vieux : la distillerie J.M ! C’est une étape incontournable du spiritourisme martiniquais…

Une distillerie au pied de la Montagne Pelée

J’ai toujours eu un faible pour cette distillerie et il faut bien avouer que depuis sa rénovation dans les années 2000 elle est juste splendide !

La situation géographique d’abord… Au détour d’un virage en contrebas, on la découvre avec ses toits rouge dans l’écrin vert de la végétation tropicale. Une vraie carte postale ! L’accès est bordé d’arbres et d’une cathédrale de bambous typiques du nord martiniquais. On se gare et en avant pour la visite !

Un petit pont de pierre enjambe la rivière qui alimente toute la distillerie en eau – après purification ! On entend couler l’eau de source un peu partout, ça accentue le côté zen de la visite. Celle-ci est libre mais le plan, le parcours fléché et les panneaux explicatifs permettent de profiter du site au maximum, à notre rythme.

Nous passons par une sorte de patio où sont plantés des échantillons des cinq variétés de cannes à sucre utilisées pour la fabrication des rhums J.M. et validées par l’AOC. Il faut savoir que J.M fait son rhum à 95% avec ses propres cannes cultivées sur ses terres qui s’étendent de Basse Pointe à Grand’Rivière !

Visite des installations de production

Le parcours nous mène ensuite vers la partie technique, on pénètre au cœur du processus de fabrication. Quelques marches nous conduisent sur une passerelle en hauteur. Nous surplombons alors toutes les machines en pleine activité (c’est la pleine période de production !), c’est très impressionnant !

Du broyage des cannes jusqu’au remplissage des immenses cuves avec le jus extrait, on suit toutes les étapes en cadence. Les cuves de fermentation dégagent une forte odeur d’alcool, j’adore !

La tonnellerie de J.M

En redescendant, nous nous arrêtons devant la tonnellerie. C’est là qu’Edmond le tonnelier répare les fûts et pratique les chauffes pour les cuvées spéciales comme la « Fumée volcanique ». On peut voir ses outils ainsi que plusieurs fûts d’années différentes (de 1975 à aujourd’hui).

   Le brûlage est une pratique ancestrale qui caramélise les tannins du bois, ce qui accélère les échanges entre le bois du fût et le rhum. Cette opération est pratiquée après la campagne de récolte et de fabrication.

La colonne de distillation

Nous arrivons au pied d’une grande tour, c’est la plus haute colonne à distiller de J.M : elle fait 18 mètres de haut ! Je trouve très intéressant que les différents éléments d’une colonne créole soient exposés, on comprend mieux le processus de distillation en regardant ce qui se passe à l’intérieur.

Les chais

Le parcours nous conduit alors jusqu’au chai d’exposition au public, assez spectaculaire ! Les fûts empilés sont disposés en arc de cercle, comme dans un amphithéâtre rouge écarlate. C’est magnifique… En revanche, les chais où sont entreposés les fûts J.M ne sont pas ouverts à la visite.

Après toutes ces découvertes et toutes ces émotions, la balade dans les jardins est bienvenue. Nous empruntons le sentier qui descend jusqu’au bassin d’eau de rivière, bordé de plantes tropicales. La richesse de la biodiversité nous en met plein les yeux. Les espèces plantées rappellent les saveurs que l’on va retrouver dans les arômes des rhums J.M : ananas, poivre, cannelle, vanille

  Ce jardin est vraiment magnifique, très calme et relaxant.

Les sens en éveil

Place maintenant au régal des sens, direction l’atelier olfactif ! Dans le laboratoire, le panneau annonce la couleur : « On sent, on goûte, on analyse ». C’est là que la maître de chai élabore le goût des différentes cuvées.

L’atelier olfactif présente 7 arômes créés par un nez parfumeur pour permettre au visiteur d’entrer en immersion dans l’univers des rhums J.M. C’est très bien fait, on appuie sur un bouton et on sent, les « fruits flambés » par exemple.

Au mur sont exposés des flacons de rhum en forme de globes, comme des carafes. On soulève le bouchon, on ferme les yeux et on découvre les notes associées aux différents rhums : florales, vanillées, boisées… Une belle découverte !

Les rhums J.M

Dégustation et boutique

Les sens encore tout en éveil, nous passons à la dégustation au grand comptoir carrelé de vert. Décidément l’association rouge-vert se retrouve partout dans la distillerie, j’aime beaucoup. Je découvre des cuvées que je ne connaissais pas, c’est un vrai moment privilégié. La boutique est très belle, on a envie de tout acheter !

Pour ma part, je repars assez chargée (je fais mes provisions !) : un rhum vieux XO, un rhum vieux « Terroir volcanique », un rhum blanc « Jardin Macouba » (j’adore la bouteille !) et un shrubb bien sûr ! Merci à la distillerie J.M pour cette parenthèse enchantée…

Le projet EDDEN de Rhum J.M

En avril 2022, l’équipe de Rhum J.M a présenté son projet EDDEN ( « Engagés pour le Développement Durable de nos Ecosystèmes et de notre Nature »). Cette démarche éco-responsable est devenue au fil du temps l’une des clés d’excellence de la distillerie nichée au pied de la montagne Pelée.

La démarche engagée par Rhum J.M repose sur 3 piliers :

– préserver l’environnement immédiat de la distillerie, la terre nourricière

– permettre une économie circulaire en traitant 100% des déchets

– transmettre le savoir et les valeurs portées par J.M aux nouvelles générations

La distillerie fonctionne déjà en économie circulaire puisqu’elle recycle 100% de ses déchets. Ceux-ci sont de 3 types : la bagasse (restes de la canne broyée), la vinasse (reste du jus non transformé en rhum), et les cendres et poussières de la chaudière. La bagasse est utilisée en premier lieu brûlée pour servir de combustible à la chaudière de la colonne à distiller. Une autre partie est transmise à la centrale thermique voisine afin de produire de l’électricité. Le reste est utilisé en compost pour nourrir le sol et empêcher les mauvaises herbes de pousser. La vinasse est quant à elle transférée dans de grands bassins d’aération contenant des bactéries. L’eau qui en ressort sert à l’irrigation des champs de canne et de bananes. Quant aux cendres et poussières, elles sont récupérées et répandues dans les champs, apportant ainsi aux sols la potasse nécessaire de matière naturelle.

Chez J.M on s’enorgueillit de cette économie circulaire au travers de la formule « je prélève, je transforme, je produis, je restitue » !

Allez-y de notre part !

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